Dès la première page, camarade lecteur, nous te saisissons au passage afin de te vider les poches.
Voilà notre deuxième année finie avec le numéro présent. Cahin-caha, nous avons fait notre petit bonhomme de chemin. Pas bien portant à épater le public, mais jamais malades à nécessiter le médecin.
Nous en avons même entrepris d'autres labeurs et nous avons tenu à nous imprimer sur nos presses — marque spéciale. La troisième année venant aujourd'hui avec le n° 105 sera faite entièrement par nous-mêmes et dans les mêmes formes de camaraderie que le premier jour.
La machine s'installe comme nous te parlons et nous voulons, sous peu, installer le moteur — à la conquête du machinisme.
Avec une défiance qui s'explique et que nous trouvons fort naturelle, les sous, voire les pièces nous sont venus bien parcimonieusement. Sollicités vers d'autres buts bien des camarades ont tourné leurs efforts d'autre façon. C'est de l'énergie qu'on retrouvera, car il y a certainement d'autre travail utile que celui que nous avons entrepris ici.
N'empêche nous vidons la caisse, le coffre-fort — avis aux cambris d'allure réacs — et nous sommes plats comme des plies.
Si cela t'intéresse, et que tu aies des poches, vide-les, toutes ou en partie, par poste ou sur le marbre pour que nous puissions faire mieux et davantage.
A. Mahé et A. Libertad