Il y a quelques jours, les journaux publièrent la nouvelle que des bandes fascistes devaient venir de Rome à Paris pour exercer des représailles contre les amis de Bonomini et en général contre les émigrés italiens à Paris.
La « Stefani », agence du gouvernement de Rome, s'est hâtée de donner le démenti à cette nouvelle. Dans le même temps, on pouvait lire dans le journal des fascistes qui paraît à Paris — l'Italie Nouvelle — en français, des articles très modérés et doux qui étaient faits pour tromper l'opinion française et peut-être pour faciliter les opérations de représailles.
Nous arrivons à cette conclusion que les mêmes hommes qui écrivent ici, à Paris, l'Italie Nouvelle, envoyèrent des correspondances de Paris même au Popolo d'Italia — journal de Mussolini — où l'on disait clairement qu'il était nécessaire de détruire le soi-disant repaire de bandits et de malfaiteurs anarchistes révolutionnaires qui étaient réfugiés dans notre ville. On précisait même que le coup de représailles devait se porter dans le café et le restaurant du faubourg Saint-Antoine et des cafés de la place du Combat où fréquentaient les amis de Bonomini.
Maintenant, Paris-Soir nous annonçait, hier soir, que la nouvelle de l'expédition fasciste sur Paris était exacte et que les bandits en chemise noire évoluaient en ce moment dans Paris.
Nous enregistrons la nouvelle et avertissons les fascistes que les camarades italiens ne sont pas seuls. Les anarchistes français sont avec eux pour répondre à toute attaque de leur part coup pour coup.
Les camarades français connaissent leur devoir.
AI COMPAGNI ITALIANI
Avvertiamo i compagni italiani che, secondo serie informiazoni del « Paris-Soir » delle squadre fasciste sono ora a Parigi per eseguire delle rappresaglie.
Ciascun compagno sa come deve regolarsi. I compagni francesi sono di cuore con essi.