Les jeunes ont toujours été en avant ! En 1789, comme 93 ; en 1830, comme en février 1848 ; sous l’empire, comme en 1871.
Partout on les a vu marcher à l’avant, partout tenir ferme le drapeau de la bataille.
Ils se sont battus, ils se sont mêlés à l’agitation fiévreuse de la politique.
Ne soyons pas étonnés aujourd’hui, alors qu’on a rompu avec les traditions funestes du passé la routine du despotisme et de l’autorité, si les jeunes marchent au premier rang vers la conquête définitive de la liberté par la Révolution.
Certes, tous les jeunes qui gens s’occupant des aspirations qui passionnent l’opinion publique, n’ont tous les mêmes idées, les mêmes aspirations, ne suivent pas tous la même route. Tandis que ceux qui, voulant arriver au pouvoir et succéder à ceux qui gouvernent, battant la grosse caisse pour attirer les naïfs et se mettre à la remorque personnalités en renom, des aspirants au gouvernement, les autres, au contraire, ayant des aspirations plus nobles, cherchent à faire comprendre au peuple qu’il est inique de voir régner les inégalités monstrueuses de la société actuelle. Mais, parmi ceux-ci encore, des différences se constatent, quoique le but final à atteindre soit pour ainsi dire le même. C’est la question de tactique qui est, on peut le dire, la seule question sérieuse qui les différencie.
Les premiers n’ont pas rompu tout à fait avec les préjugés du parlementarisme ; les seconds ont, au contraire, brisé pour toujours avec tout ce qui reste des erreurs du temps jadis ; ils ont jeté à tous les vents les dernières vestiges du préjugé, et ils n’ont devant eux que la perspective de la vie future ; ils n’ont pour seul guide : la Liberté. Ceux-là suivent la droite ligne.
Des études seront consacrées à ces différences de tactique dans le corps de notre organe, mais dans cette chronique, dont le titre indique suffisamment le but, nous renseignerons nos lecteurs, nos amis, nos compagnons, sur la marche en avant de la jeunesse, sur les forces nouvelles recueillies, sur les résultats obtenus par la propagande révolutionnaire, que font tous ceux qui ont à cœur de voir s’accomplir au plus tôt l’émancipation prolétarienne, qui sont impatients de voir luire enfin l’aurore de la Révolution, l’aurore de la Justice et de la Liberté.
Nous avons, dans un grand nombre de villes de France et de l’étranger, des amis qui nous renseigneront, qui nous tiendront au courant du chemin parcouru par nos idées. Nous pourrons faire ainsi, au jour le jour, l’histoire de l’évolution populaire vers le cataclysme social, car la jeunesse représente pour s’opposer à l’accomplissement de nos revendications égalitaires : le triomphe de la liberté sera véritablement accompli et par conséquent seront brisées à tout jamais les chaînes de la servitude.
Les groupes de jeunes gens sont nombreux dans l’antique cité révolutionnaire. Ils sont collectivistes et radicaux pour la plupart ; mais le plus sérieux, à coup sûr, est celui de la Jeunesse anarchiste. Ce n’est pas précisément un groupe, c’est une fédération dont les membres sont fédérés par les seuls liens de l’idée et du but à atteindre. La propagande qu’il a fait depuis sa création a obtenu de grands résultats : il a su amener à la formidable armée de la grande bataille future, de nouveaux combattants.
UN JEUNE
N. B. — Dans notre prochain numéro, tout en donnant des renseignements utiles, en commençant la statistique des groupes de jeunes, nous publierons l’historique résumé du groupe de la Jeunesse anarchiste de Paris, dont nous venons de parler.