Bulletin d’information du Comité de Défense de la Révolution Espagnole Antifasciste

La terreur fasciste à Grenade racontée par dix rescapés

27 août 1937

La première mesure des fascistes fut de fusiller Virgile Castilla, député et président de la « Disputacion Provincial » ; Josep Santa Cruz, ingénieur des Travaux publics, et Josep Alcantara, président du Parti Syndicaliste. On croit que le chiffre des fusillés s'élève à plus d'un millier. Quelques jours après, le député Polanco Romero, par suite des mauvais traitements reçus, fut enfermé dans un asile d'aliénés. Quant à Constantin Ruiz, directeur de « El Defensor de Granada » et Dalman, conseiller municipal, ils furent assassinés.

Lorsque la recherche d'un individu n'aboutit pas, un des proches est pris comme otage et passé par les armes. Est puni de mort quiconque ramasse un objet à terre, ainsi que ceux qui écoutent la radio donnant des nouvelles du ministère de l'Intérieur. Tous les postes sont réquisitionnés, tous les biens des personnes fusillées sont confisqués.

On a obligé les banques à ouvrir des souscriptions pour l'armée rebelle, auxquelles elles sont elles-mêmes dans l'obligation de contribuer. S'étant refusée à tout, la succursale de la Banque d'Espagne aurait été ouverte de force et son directeur fusillé.

A l'aérodrome d'Armila sont retenus prisonniers les femmes et les enfants des aviateurs loyaux. Quand arrive un avion républicain, les fascistes se réfugient dans les souterrains en mettant dehors leurs occupants-détenus.

Dans la ville, tous les achats doivent se faire en argent métal. Les œufs valent une peseta pièce. Les officiers et chefs, par contre, paient en bons même dans les tavernes.

On fond les bijoux pour acheter du matériel de guerre. Les fascistes surveillent de près les soldats, parmi lesquels existent des divergences sur le nouveau régime à construire. Les fascistes empêchent les soldats de retirer de l'argent des banques.


extrait le 28 aout 2026 d'Archives autonomies