#title "Femmes violentes" entassées dans les nouvelles prisons
#author Colères
#SORTtopics France, États-Unis, presse anarchiste, Colères, prison, anarcha-féminisme
#date janvier 1980
#source extrait le 4 octobre 2026 d'*[[https://archivesautonomies.org/spip.php?article89][Archives autonomies]]*
#lang fr
#pubdate 2026-10-04T20:43:54
Une "nouvelle race" de prisonnières violentes est en train d'être créée en Amérique du Nord ... au bon moment pour remplir les "unités de contrôle" pour la construction et la planification desquelles les autorités font des heures supplémentaires (...).
Parmi les projets les plus récents :
- La création en été 1977 d'un quartier de haute sécurité au penitentier fédéral pour femmes à Alderson, Ouest-Virginie. Les pensionnaires sont des prisonnières perturbatrices, infames (sic), ayant tendance à s'évader ou ayant eu "une activité criminelle sophistiquée" ou ayant participé à une organisation subversive.
- Le programme STEADY (stable) de l'Etat de New York proposait de transférer les prisonnières perturbatrices de la prison de Bedford Hills, lieu de nombreuses grèves et protestations, à l'Hôpital de l'Etat pour les "Fous Criminels". Ce programme a été entravé par une action en justice.
- START (début), un autre programme de modification du comportement pour les "cas difficiles", a été entravé par une action en justice.
- APU est un quartier d'isolement spécial, en Californie, pour les prisonnières perturbatrices qui refusent le travail ou qui ont une influence négative sur les autres prisonnières.
- La construction projetée dans le Massachusettes, d'une unité spéciale de consultation et de traitement pour les prisonnières dans une aile de l'hôpital psychiatrique de l'Etat à Worchester.
Les autorités pénitentières prétendent que ces quartiers, unités et projets sont nécessaires pour contenir la population croissante des femmes condamnées pour des crimes violents. La bureaucratie de la justice criminelle encourage cette stratégie et les juges répondent par la tendance à imposer aux femmes des condamnations plus dures que ce qui était de vigueur auparavant. Par contre, les statistiques du FBI indiquent pour la période 1960-75 que l'arrestation de femmes pour crimes violents a baissé de 12% à 8% par rapport au total des arrestations pour de tels crimes.
Mais le National Prison Project (organisme de lutte contre les prisons aux USA) qui a beaucoup d'autres statistiques de ce genre, note :
"Manifestement, il n'y a pas de nouvelle race de femmes violentes. Par contre, il est tout à fait certain qu'il y a une nouvelle attitude envers les femmes de la part de la justice criminelle. La solution n'est pas de faire marche arrière en demandant la clémence, sur la base d'un concept masculin de la féminité, ou d'après l'idée que les femmes sont égarées par les "hommes mauvais". Nous devons plutôt exposer les faits qui contredisent clairement les présomptions sur lesquelles le "QHS" d'Alderson et d'autres quartiers similaires sont fondées et mettre en évidence les raisons réelles pour lesquelles ces prisons-dans-la-prison existent. (...)"
Extrait d'"Open Road", n° 7, 1978