#title les femmes au boulot #author Dominique #SORTtopics anarcha-féminisme, France, sexisme, histoire de l'anarcha-féminisme, philosophie, travail, maternité, éducation, anti-racisme, Colères, presse anarchiste #date fin 1978 #source extrait le 28 juillet 2026 de [[http://www.archivesautonomies.org/IMG/pdf/feminisme/Coleres/Colere-n01.pdf][Archives autonomie]] #lang fr #pubdate 2026-07-28T13:36:09 #notes Article dans Colères, une publication anarcha-féministe importante des années 1970 ; ici son numéro 1 (il y a aussi un numéro 0).
Les textes qui suivent sont des analyses et des réflexions sur le travail et les femmes. Ils sont là pour ouvrir un débat sur ce thème, car ils n'ont pas la prétention d'avoir fait le tour de la question. (Note de l'original).
Si on regarde les statistiques de l'INSEE concernant l'activité féminine, on s'aperçoit que la population active féminine augmente plus rapidement que la population active masculine. Pourquoi les femmes travaillent-elles? - En premier lieu par besoin d'argent. "souvent le salaire féminin est un salaire d'appoint qui sert à payer une traite de crédit, ou comble les fins de mois difficiles." - Le second point, surtout pour les jeunes femmes "c'est un besoin d'indépendance et d'épanouissement. De plus en plus elles essaient de concilier vie professionnelle et vie familiale. Pourtant cette notion de vie familiale brise la vie professionnelle de la femme. Ceci est du au problème de la natalité et à l'inexistance de structure d'accueil pour les enfants." On constate d'après les statistiques que dès 25 ans, la proportion des travailleuses décroit. Lorsque les enfants ont grandi, une partie des femmes reprennent une activité (45 à 54 ans). C'est la coupure due au rôle des femmes vis à vis des enfants, qui stoppe sa vie professionnelle. La société, par le rôle qu'elle attribue à la femme, détermine sa vie professionnelle. Une femme est avant tout une MERE - c'est la logique de la société - elle doit s'occuper des enfants. Donc le facteur natalité est déterminant dans la vie d'une femme. Ainsi on remarque que parallèlement à l'augmentation du travail féminin, il y a une baisse du taux de natalité; de plus, la diffusion des méthodes contraceptives permet de choisir (pas toujours) sa maternité. "La maternité est une entrave à la vie professionnelle", mais d'autres éléments interviennent dans le travail féminin. Face à un marché de l'emploi qui n'est pas encore préparé à leur offrir les postes dont elles ont besoin, la plupart des femmes sont mal armées : elles n'ont qu'une qualification insuffisante, ou qui ne correspond pas à l'éventail des emplois proposés. L'un des problèmes les plus urgents à résoudre pour donner aux femmes "leurs pleines chances devant le travail" est celui de la formation. Or, si l'on considère la place actuelle des femmes dans les filières de l'éducation, un trait essentiel apparaît : leur orientation systématique vers certains secteurs souvent encombrés, sans perspectives de promotion, ou en perte de vitesse. Les filles sont relativement aussi nombreuses que les garçons dans les CET. Mais elles suivent en majorité, les cours préparatoires au secteur tertiaire. Il en est de même dans les lycés techniques publics, où la majorité d'entre elles se préparent au secrétariat, et essentiellement à la dactylographie. Même orientation à l'échelon supérieur, celui des IUT où les 2/3 des filles se destinent au secteur tertiaire. Au niveau des études supérieures, elles sont aussi nombreuses que les garçons à disposer de diplomes d'enseignement secondaire, ouvrant l'accés à l'enseignement supérieur. Les disciplines où les filles sont plus nombreuses sont les lettres et la pharmacie; viennent ensuite les sciences, la médecine, le droit, les sciences économiques, et la préparartion à la profession de chirurgien dentiste. Plus d'une étudiante sur deux se dirige encore vers les lettres. C'est donc essentiellement vers le secteur tertiaire que se sont orientées les femmes. Quelles sont les causes de cette orientation? La tradition d'abord, la femme étant destinée à procréer, la recherche d'un mari sera plus importante qu'une bonne formation pour la recherche d'un métier. De plus, certaines formations nécessitent de longues années d'études qui sont impossible à concilier avec une vie familiale. De ce fait de nombreuses jeunes filles s'orientent vers une scolarité à court terme (CAP, IUT, BTS). Quant aux choix des disciplines, il est dû au fait qu'une femme peut éventuellement poursuivre des études supérieures, mais pas dans le but d'une profession, seulement pour sa culture personnelle. On trouve cette notion de culture dans les milieux bourgeois où la jeune fille sera plus facile à placer", si elle a un acquis culturel en pus de sa dot. Donc l'orientation professionnelle est aussi fonction du statut social de la famille. Mais en général, la jeune fille est destinée, quelque soit son milieu familial au mariage, donc au rôle de MERE. Du fait de son manque de formation, la femme accède aux emplois des secteurs économiques où la main-d'oeuvre ne demande aucune qualification ce qui permet de la sous-payer. Ainsi on assiste, depuis quelques années à l'augmentation du nombre des ouvrières spécialisées (OS). En contre partie, il y a une diminution du nombre des travailleurs immigrés (due à une décision gouvernementale). On peut émettre l'hypothèse que la main d'oeuvre féminine tend à remplacer la main d'oeuvre étrangère. Ce manque de formation entraîne les femmes vers les secteurs économiques où l'exploitation est la plus forte. Mais attention, Messieurs les Patrons, car si les immigré n'avaient pas la possibilité de s'organiser, les femmes vont peut-être contribuer, en se regroupant sur leur lieu de travail à l'émancipation commune de tous les exploités!! DOMINIQUE