Fédération révolutionnaire arménienne

Déclaration des révolutionnaires arméniens enfermés dans la Banque ottomane

26 août 1896

Le comité révolutionnaire arménien au chargé d'affaires français

Nous ne sortirons pas d'ici avant deux jours.

Nos exigences sont :

  1. Assurer la paix partout dans le pays par l'intervention internationale.

  2. Accepter les demandes représentées par le Comité Central de Constantinople de la Fédération Révolutionnaire Arménienne dite « Dachnaktzoutioun. »

  3. Ne pas se servir de force contre nous.

  4. Garantie complète de la vie de tous ceux qui se trouvent ici dans la Banque, et de ceux qui ont pris part aux troubles de la ville.

Le mobilier et le numéraire de la Banque seront intacts jusqu'à l'exécution de nos demandes ; dans le cas contraire le numéraire et tous les papiers d'affaires seront détruits, et nous autres, avec le personnel, trouverons la mort sous les ruines de la Banque.

Nous sommes obligés de prendre ces mesures extrêmes.

C'est l'indifférence criminelle de l'humanité qui nous a poussés jusqu'à ce point.

(Les représentants du Comité Central de Constantinople de la Fédération Révolutionnaire Arménienne dite « Dachnaktzoutioun »)

Cinq signatures arméniennes


extrait le 19 aout 2026 de Gallica, tiré du Cahier de la quinzaine, n°19.
Manifeste des révolutionnaires enfermés lors de la prise de la Banque ottomane (1896) en réponse aux massacres hamidiens ; il s'agit de la première prise d'otages de l'histoire et est aidée par la VMRO macédonienne et soutenue moralement par les anarchistes. Dans les années suivantes, la proximité entre les anarchistes et la FRA se renforce alors que la répression s'accentue en Arménie, menant à l'opération conjointe Nejuik ('Destrier') (1905). Le texte est édité (et traduit de l'anglais ?) par le compagnon Pierre Quillard.