#title Dieu ou l'État : non. La Grève Générale : oui #author Francisco Ferrer #SORTtopics Espagne, presse anarchiste, La Huelga General, religion, grève, anarcho-syndicalisme #date 25 novembre 1901 #source extrait le 13 septembre 2026 de *[[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k675724/f2][la traduction faite par Anselmo Lorenzo]]* dans *Francisco Ferrer : Anarchiste* #lang fr #pubdate 2026-09-13T22:53:11 Pas une personne de bonne foi n'affirmera que la religion, qu'elle soit catholique, protestante, mahométane, boudhiste ou autre, ait réussi à donner la paix et le bien-être aux hommes. Aucun politicien, quel que soit son parti, ne peut affirmer que son système est capable de garantir de manière absolue la liberté de parler et d'écrire ou d'assurer notre droit à la vie. Ceux qui veulent donner la suprématie au clergé comme ceux qui attendent tout d'un Etat plus ou moins laïc, tous soutiennent qu'il y aura toujours des pauvres et des riches, des serviteurs et des maîtres. Ni les uns, ni les autres ne cherchent l'émancipation économique et politique de l'individu. Les premiers libéraux qui, s'apercevant du mensonge religieux, consacrèrent leurs efforts à fonder un Etat libre de tout contact avec Rome, sont excusables, mais ceux qui aujourd'hui préconisent le système parlementaire (monarchistes, républicains ou socialistes), trompent les électeurs quand ils leur donnent l'espoir qu'ils pourront, par le programme politique qu'ils ont adopté, apporter la paix et la liberté au sein de la nation. Ils agissent à la façon des curés abusant de la crédulité de leurs fidèles. Aucun électeur ne peut citer un gouvernement comme bon. Ni des siècles où régnèrent les religions, ni ceux où dominèrent les rois, assistés des Cortès et des Assemblées, ni du dernier siècle écoulé, occupé presque totalement par des gouvernements parlementaires, nous ne pouvons tirer un exemple de l'utilité de déléguer à autrui le soin de nos propres intérêts. Il suffirait de considérer les années que le parti socialiste gouvernemental a dépensées dans la lutte électorale. Quel bénéfice ont obtenu les travailleurs en allant voter ? Il est facile de comprendre que si le temps employé aux luttes électorales par les socialistes avait été consacré à l'organisation des classes productrices et à la propagande éducative, la grève générale aurait depuis longtemps détruit la société bourgeoise. C'est à nous, anarchistes, de faire comprendre ces vérités à tous les inconscients qui croient à la panacée du vote comme si c'était l'hostie qui doit les porter au paradis. L'émancipation complète des travailleurs ne viendra ni de l'Eglise, ni de l'Etat, mais de la grève générale qui détruira tous les deux. 25 novembre 1901.