"Les parpaings, cailloux, bouteilles en verre et autres mortiers ont volé"
Une cinquantaine d’interpellations, principalement des mineurs
Des véhicules caillassés et des équipements publics vandalisés
Le commissariat central est au bord de l’explosion. Les bureaux enchaînent les gardes à vue comme rarement. Les couloirs grouillent d’adolescents menottés à des bancs qui attendent patiemment de s’expliquer avec un officier de police judiciaire. Ce triste spectacle est le résultat des scènes de désolation dessinées devant plusieurs lycées de Haute-Garonne, ce jeudi 1 er octobre au matin.
« Les parpaings, cailloux, bouteilles en verre et autres mortiers ont volé dans le ciel avant de s’écraser sur nous », raconte un policier de terrain. Des manifestations, il en a connu au cours de sa carrière. Celle-ci lui rappelle les violences urbaines qui avaient suivi la mort de Nahel, en 2023, et, dans un souvenir plus lointain, celles du Mirail, en 2005. « Aujourd’hui, c’était quand même un peu moins chaud mais on s’en rapprochait », confie cette mémoire du service d’ordre.
Douze policiers ont été blessés au cours de la matinée. Certains ont été transportés pour des examens complémentaires. Des vidéos montrent aussi les interventions des policiers, qui ont multiplié les arrestations.
Au moins une quarantaine de personnes ont été interpellées en zone police et dix en zone gendarmerie, où la plupart des tensions se sont cristallisées devant un lycée du Muretain. Parmi les personnes interpellées figurent des lycéens. La plupart sont mineurs.
À Toulouse, les black-blocs et anarchistes ont été repérés en marge des violences urbaines. Ils n’étaient probablement pas là pour défendre le discours des manifestants.
Arrêts de bus vandalisés, panneaux de signalisation arrachés, véhicules caillassés : les dégradations ont touché les équipements publics comme les biens de particuliers. De nombreuses poubelles ont également été incendiées et des établissements scolaires dégradés.
Les fonctionnaires de police, parfois débordés par le nombre et les violences, ont fait usage de moyens de désencerclement. Plus de 400 grenades lacrymogènes ont été lancées et une cinquantaine de tirs de LBD ont été effectués pour tenter de disperser la foule. En fin de matinée, le calme est revenu devant plusieurs lycées.
Après les interpellations, les investigations se poursuivent. Pour les policiers et les gendarmes, il reste à établir le rôle de chacun dans les délits constatés. Les images peuvent aider à identifier les auteurs, sans permettre à elles seules de déterminer toutes les responsabilités. Les auditions seront cruciales.