#title La bande Pini #author Anonyme #SORTtopics France, presse, Vittorio Pini, Intransigeants, Placide Schouppe, illégalisme, reprise individuelle #date 28 juin 1889 #source extrait le 22 août 2026 de *La Justice* du 28 juin 1889 #lang fr #pubdate 2026-08-23T00:16:19 À la suite des investigations auxquelles M. Goron, chef de la sûreté, s'est livré, il a découvert qu'un vol très important avait été commis par Pini, Schouppe et trois acolytes dans les circonstances suivantes : Il y a un mois environ, Pini et Schouppe faisaient visite à un sieur Ricault, propriétaire à Courbevoie, rue de Colombes, 54, et lui demandaient en location une petite villa avec jardin. M. Ricault les conduisit dans diverses villas situées près de celle qu'il habite. Pini et Schouppe les examinèrent en détail, en gens qui ont bien l'intention de s'y établir ; mais, finalement, aucune d'elles ne leur convint. En s'éloignant, ils déclarèrent, du reste, qu'ils reviendraient avec leurs femmes pour prendre une décision. À quelques jours de là, Pini et Placide Schouppe, accompagnés cette fois du frère de ce dernier, Julien Schouppe, se présentèrent, en effet, chez M. Ricault, mais sans leurs femmes. Ils visitèrent quelques pavillons inhabités. Mais ils déclarèrent derechef qu'ils n'en trouvaient point à leur convenance. — Si vous nous faisiez visiter votre villa, dit Pini à M. Ricault, peut-être nous irait-elle. — Volontiers, répliqua ce dernier ; et, sur ce mot, il l'introduisit dans sa maison. Pini et les deux Schouppe l'examinèrent à loisir. Elle leur plut. Mais ils ne voulurent pas la prendre à bail avant de l'avoir montée à leurs femmes ; ils se retirèrent en disant qu'ils reviendraient le lendemain. Le lendemain, en effet, un monsieur se présente au domicile de M. Ricault : c'est le nommé Fabre, qui fait partie de la bande Pini et qui est arrêté ; il est accompagné d'une femme Marie Saënen : c'est la maîtresse de Julien Schouppe. Ils demandent à voir des villas. M. Ricault quitte avec eux sa maison. Tandis que M. Ricault conduit ces nouveaux visiteurs à travers les pavillons dont il est propriétaire et qui sont situés à environ deux cents mètres de celui qu'il habite, Pini et les deux frères Schouppe entrent dans sa villa. Ils font main basse sur toutes les valeurs, bijoux, linge, etc. Fabre et la fille Saënen retenaient le propriétaire hors de son habitation en lui faisant d'interminables observations ; ils donnaient ainsi à leurs complices tout le temps nécessaire pour qu'ils puissent dévaliser à loisir la maison de M. Ricault. Enfin, ils laissent ce dernier, après avoir conclu naturellement que rien ne leur plaît. M. Ricault retourne chez lui. Que l'on juge de sa surprise, lorsqu'il voit sa maison sens dessus dessous ! Il devine aussitôt qu'il vient d'être mystifié et court après les personnes qu'il venait de quitter ; mais celles-ci, ainsi que les voleurs, se sont éloignées dans deux voitures amenées à Courbevoie pour emporter le butin. Pini, les frères Schouppe, Fabre et la fille Saënen ont été amenés devant M. Ricault qui, en les voyant, s'est écrié : « Voilà bien les gens qui sont venus chez moi : je les reconnais. » Du reste, les inculpés ne nient point les faits. La sûreté recherche maintenant les cochers qui ont conduit les voleurs à Courbevoie.