C'est le cri qu'a poussé le valeureux fils de notre ami et camarade Dumas de Saint-Etienne lorsqu'on est venu lui signifier l'ordre d'avoir à enfoncer les pinces dans le sac d'où l'on sort le n° qui vous conduit devant le conseil de guerre, de là aux travaux forcés ou un peloton d'exécution si vous avez un brin de conscience ou d'humanité et vous voulez sauvegarder votre dignité d'homme, cet homme en prouvant aux galonnés que l'on n'est pas des immondes de leur trempe, ou alors vous abrutissent au point de perdre la raison. Nous connaissons sept et même huit pauvres garçons que les brutalités de la caserne ont rendus fous ou idiots. Pour ma part j'ai perdu deux fils, un de quinze ans, un de vingt ans je préfère les savoir morts que soldat, j'en ai un troisième qui a douze ans, plutôt que le voir en butte aux infamies des casernes, je choisirais encore de le voir mort.
Une vraie mère universelliste choisi le cercueil à la giberne pour ces fils aimés. Pour parler ainsi il faut savoir que la mort est une transformation et non l'anéantissement de l'individu, c'est pour cela que les anarchistes epiritualistes sont incorruptibles, indomptables, inexorables.