Pierrette

H.L.M. BLOC A Escalier N porte 1333

fin 1978

Des fenêtres, des rideaux, des rideaux,

des fenêtres, des escaliers, caisses de raisonnance, mais pour la musique , Des amplis à engueulades - Jérémiades - Ragots.

Le matin, la cité se vide des hommes.

Les femmes reconquièrent l'espace.

Enceintes souvent - Astiquant, briquant -

Glacées.

Les mômes, peu de place pour eux. L'herbe rare où les chiens pissent.

Les enfants ne peuvent s'y asseoir

Le gardien veille.

Le bac à sable où l'on se retrouve l'après-midi. Réglées. Le cul posé sur une chaise de camping. Jamais par terre - C'est sale. ! !

L'angoisse de la saleté. Des tricots, mais jamais un bouquin. Jamais les mains inoccupées.

Les enfants parqués dans ce bac - On compte les seaux, pelles, petites voitures. Le drame s'il manque un objet. Coincées.

Se cotoyer sans échanger grand chose de ce qui nous importe. Bloquées.

Failles quelquefois

Les médicaments que l'on avale secrètement pour ne pas dire ce mal à vivre, ses plaies à vif. Longues conversations si anodines où perce le désarroi.

Somnambules.

La vie par personnes interposées ! enfants, mari 17 h 30 - 18 h 00 - 18 h 30 des heures ponctuées et qui s'égrènent.

Les maris reviennent.

C'est fini, les portes se referment sur...

vous serez là, demain, madame !

PIERRETTE


extrait le 28 juillet 2026 de Archives autonomie
Poésie dans Colères, une publication anarcha-féministe importante des années 1970 ; ici son numéro 1 (il y a aussi un numéro 0).