#title Rapport sur Placide Schouppe du 12 novembre 1892 #author Police française #SORTtopics France, rapport de police, Placide Schouppe, illégalisme, Ère des attentats, propagande par le fait, Intransigeants, Vittorio Pini #date 12 novembre 1892 #source extrait le 4 août 2026 de la collection d'*[[https://anarchiv.wordpress.com/][Archives anarchistes]]*, tiré du dossier de police 'Ba 140' aux Archives de la préfecture de police de Paris #lang fr #pubdate 2026-08-23T00:05:03 #notes La police française espionne les cercles de Londres et Schouppe après l'attentat de la rue des Bons Enfants. Londres, le 12 Novembre 1892. On s'imagine, et on ne sait trop pourquoi, que la dernière explosion a eu pour auteur un anarchiste venu de Londres. Dès hier matin, la rumeur se répandait, dans le clan anarchiste, que l'officier de paix M. Fédée (la terreur des compagnons ??) était à Londres. Il ne s'agissait que du procès Francis, qui est encore remis à huitaine. Au fond, on ne sait rien au sujet de l'attentat que les anarchistes accueillent avec enthousiasme. Ce qui fait surtout la joie des compagnons, c'est que la police a été frappée. Wall, Pomati, Malatesta et Zévaco s'arrachent les cheveux depuis trois jours pour « accoucher » d'un manifeste qui « expliquerait » la chose.... Ils n'en sortent pas. Le manifeste paraîtra demain ou après-demain, mais il ne sera pas d'une bien grande clarté. On se méfie beaucoup du silence des journaux à propos de l'enquête et l'on estime que cette fois on veut frapper un grand coup. C'est pourquoi tous les compagnons sont sur leurs gardes et qu'ils s'empressent, pour la plupart, de brûler leurs papiers. Le jeune homme qui a été arrêté, Victor Raabbe, était allé à Paris pour y trouver du travail, car il végétait ici. En effet, il ne gagnait que 10 francs par semaine. Son correspondant à Londres se nomme Rieckin (on prononce Riquenne). Celui-ci a été expulsé de Suisse et de Belgique. Il travaille au journal l'Autonomie. Placide Schouppe et Mathieu sont toujours ensemble ; ils ont fait il y a quelques semaines une petite opération qui leur a rapporté, ainsi qu'à Cova et à un égyptien du nom de Maroco, quelques billets de mille francs. Schouppe a du crédit ici ; il est mis comme un prince. Il doit se rendre pour une « opération », mardi ou mercredi à Liverpool. On se demande comment il s'y prendra pour délivrer Pini ; c'est pourtant son idée fixe. Il a dit dernièrement en présence de son ami Mathieu, qu'il se rendrait à Paris dans quelque temps, mais il n'a pas dit pourquoi. Au fond, comme il mène une vie très dispendieuse, il a besoin de se regarnir la poche, ce qui ne l'empêcherait pas d'y aller, lui aussi, « de sa marmite » ; c'est un homme à cela. Son voyage à Paris serait pour fin Décembre, époque des échéances. La femme de Parmeggiani, qui en sait long sur tout cela, se rendra à Paris demain ou après-demain, pour s'y fixer.