Titre:
Les Insoumis
Date:
1891
Source:
extrait le 28 juillet 2026 de Wikisource
Notes:
Chanson publiée dans Le Forçat.
Anonyme
Les Insoumis
Allons, enfants des prolétaires,
On nous appelle au régiment ;
On veut nous faire militaires
Pour servir le gouvernement.
Nous bêtes dociles
À des règlements incompris !
Nous, nous serons moins imbéciles,
Les insoumis[1].
On nous dit d’avoir de la haine
Pour les Germains envahisseurs,
De tirer Alsace et Lorraine
D’entre les mains des oppresseurs ;
Que nous font les luttes guerrières
Des affameurs de tous pays ?
Nous ne voulons plus de frontières,
Les insoumis.
On nous parle en vain de patrie.
Nous aimons les peuples divers ;
Nous allons porter l’Anarchie
Sur tous les points de l’Univers.
Au jour de la lutte finale,
Les réfractaires, tous unis,
Feront l’Internationale
Des insoumis.
Spoliés par la Bourgeoisie,
De nos produits, de tous nos biens,
Elle veut, suprême ironie,
Que nous en soyons les gardiens.
Le soldat est sa sauvegarde,
Elle le paye de mépris,
Nous ne sommes pas chiens-de-garde
Les insoumis !
Quand nous allons dans les casernes
Où l’on cherche à nous abrutir
Avec un tas de braillements
Auxquelles il faut obéir,
Parlant de Grève générale
À tous les gros endormis,
Nous préparons la Sociale,
Les insoumis.
Les soldats répriment la grève
Et font du tort aux travailleurs,
Et quand le peuple se soulève
On en fait de bons fusilleurs ;
Nous devons les faire comprendre
La sottise qu’ils ont commise.
Ils passeront, sans plus attendre,
Aux insoumis.
Si les Bourgeois font la Revanche :
Ce jour, les peuples révoltés
S’élanceront en avalanche.
Les Bourgeois seront emportés.
Si le soldat est notre frère,
Les gradés sont nos ennemis.
Car ils ont voté la guerre
Aux insoumis.
On nous appelle au régiment ;
On veut nous faire militaires
Pour servir le gouvernement.
Nous bêtes dociles
À des règlements incompris !
Nous, nous serons moins imbéciles,
Les insoumis[1].
On nous dit d’avoir de la haine
Pour les Germains envahisseurs,
De tirer Alsace et Lorraine
D’entre les mains des oppresseurs ;
Que nous font les luttes guerrières
Des affameurs de tous pays ?
Nous ne voulons plus de frontières,
Les insoumis.
On nous parle en vain de patrie.
Nous aimons les peuples divers ;
Nous allons porter l’Anarchie
Sur tous les points de l’Univers.
Au jour de la lutte finale,
Les réfractaires, tous unis,
Feront l’Internationale
Des insoumis.
Spoliés par la Bourgeoisie,
De nos produits, de tous nos biens,
Elle veut, suprême ironie,
Que nous en soyons les gardiens.
Le soldat est sa sauvegarde,
Elle le paye de mépris,
Nous ne sommes pas chiens-de-garde
Les insoumis !
Quand nous allons dans les casernes
Où l’on cherche à nous abrutir
Avec un tas de braillements
Auxquelles il faut obéir,
Parlant de Grève générale
À tous les gros endormis,
Nous préparons la Sociale,
Les insoumis.
Les soldats répriment la grève
Et font du tort aux travailleurs,
Et quand le peuple se soulève
On en fait de bons fusilleurs ;
Nous devons les faire comprendre
La sottise qu’ils ont commise.
Ils passeront, sans plus attendre,
Aux insoumis.
Si les Bourgeois font la Revanche :
Ce jour, les peuples révoltés
S’élanceront en avalanche.
Les Bourgeois seront emportés.
Si le soldat est notre frère,
Les gradés sont nos ennemis.
Car ils ont voté la guerre
Aux insoumis.
[1] Les deux premiers vers sont bis. (NdlB)