Oui, mes jeunes amis, il nous faut du courage, de l'énergie, pour résister à tout ce qui nous accable et nous oppresse. — pour résister à la prostitution en voulant nous débarrasser de la misère.

Nous sommes restées jusqu'ici presque complètement étrangère au mouvement révolutionnaire, — mais dès aujourd'hui, apprenons à revendiquer nos droits, entrons définitivement dans le combat pour la révolution sociale et nous aurons bien mérité de l'avenir, nous aurons agi d'après les lois imprescriptibles de la nature, et nous nous trouverons heureux d'avoir fait le bien. Car, combien de fois nous restons pensives en cherchant les moyens nécessaires au soulagement de quelque malheureux, de quelque excommunié de la société actuelle.

Ah ! qu'il sera doux alors de ne plus soulager des misérables, car nous nous aiderons mutuellement tous et toutes pour nous soulager de la lutte pour la vie. Nous n'avons jamais eu le courage d'examiner, de scalper notre position, le plus souvent bien misérable. L'histoire nous montre bien des faits de pur héroïsme concernant les femmes défendant leur liberté attaquée ou cherchant à la recouvrer, mais elles retombaient aussitôt dans l'esclavage conjugal, car elles ne connaissaient pas leurs droits. Mais aujourd'hui nous pouvons les connaître et les revendiquer et briser toutes les chaînes de l'esclavage. Nous suivrons l'exemple de Vera Zassoulitch, de Sophie Perowskaya, de Louise Michel et nous serons révolutionnaires. Nous saurons faire le sacrifice de notre vie pour les triomphes de nos idées égalitaires qui assurent à tous les êtres humains la vie et le bien être.

Il vous est impossible, — il nous est impossible de rester impassibles devant les crimes atroces qui se commettent au nom des lois. Citoyennes, mes chères amies, nous devons marcher au premier rang et nous le ferons. Oui, nous le ferons, car nous voulons pour tous le bonheur et nous ne resterons plus en arrière.

Vive la Révolution sociale !

Henriette Vergès.