La Révolte
Ils veulent pendre
L'arrêt de mort prononcé par les bourgeois contre sept de nos camarades anarchistes de Chicago, vient d'être confirmé.
Sept hommes envoyés à la potence sous l'accusation d'avoir jeté une bombe, l'absurde de la condamnation n'arrête même pas les bourgeois. Ils veulent terroriser, et sept potences leur semblent bonnes pour terroriser.
L'exécution doit avoir lieu le 11 novembre, et tout porte à croire que lors même que l'affaire serait portée devant une Cour suprême fédérale, le résultat sera toujours le même.
Et les travailleurs américains laissent faire. Ils restent indifférents.
En vain une femme de courage, Madame Parsons, parcourt l'Amérique. Son auditoire frémit de rage lorsqu'elle raconte les détails inouïs de ce procès, où l'on a poursuivi les idées, l'Anarchie, sans même se soucier d'apporter des preuves contre les hommes — pouvait-on, en effet, prouver qu'ils se soient mis à sept pour jeter une bombe ? L'auditoire frémit, mais Madame Parsons partie, le travailleur rentre dans sa léthargie.
Il dort, mais les bourreaux ne dorment pas. Marton, le misérable qui sera chargé de pendre les sept anarchistes, est prévenu : il s'exerce.
Tous les anarchistes de Chicago sont surveillés minutieusement depuis un mois du moins — Ebersold, chef de la police de Chicago, s'en vante. Il s'attend à une résistance armée de la part des anarchistes de Chicago.
Eh bien, ils ont beau se vanter ; ils n'oseraient pas pendre s'ils avaient à faire à des hommes.
Les travailleurs américains vont-ils rester les bras croisés ? S'ils le voulaient, ils se trouveraient 50 000 dans les rues de Chicago, prêts à empêcher l'exécution. Et ils l'empêcheraient.