Au quatrième jour de la mobilisation lycéenne, le mouvement de contestation a pris de l’ampleur, se propageant à plusieurs lycées troyens et même romillons. Une nouvelle fois, les forces de l’ordre ont dû faire face à des tirs de mortier et de projectiles.

La contestation des lycéens prend de l’ampleur. S’il a débuté mardi 29 septembre au lycée Les Lombards à Troyes, avec près de 300 manifestants, depuis quatre jours, la mobilisation monte en puissance et les établissements sont de plus en plus nombreux à suivre le mouvement.

Après Gabriel-Voisin mercredi 30 septembre, Marie-de-Champagne jeudi 1 er octobre, la contestation s’est de nouveau étendue. Cette fois, sur l’ensemble du département. Ainsi, ce vendredi 2 octobre, dès les premières heures de la matinée, les forces de l’ordre ont été mobilisées sur plusieurs points chauds. 30 manifestants à Camille-Claudel à Troyes, 300 à Édouard-Herriot à Sainte-Savine, 200 à Marie-de-Champagne à Troyes, 250 dans les lycées romillons et 300 à Chrestien-de-Troyes.

Tirs de mortier et feux de poubelle

Parmi la foule, « des lycéens issus de plusieurs établissements ainsi que des personnes extérieures au milieu scolaire, parmi lesquelles certaines personnes identifiées comme appartenant à des mouvances militantes, notamment LFI et anarchistes », précise la préfecture dans un communiqué.

C’est autour du lycée Chrestien-de-Troyes que les tensions ont été les plus vives tout au long de la matinée, où des tirs de mortier et un feu de caddie, notamment, ont été signalés. Face à ces nouveaux débordements, les forces de l’ordre ont dû faire l’usage de gaz lacrymogène à plusieurs reprises pour tenter de disperser les manifestants. Des tirs de mortier ont également été constatés aux abords des lycées romillons et de Marie-de-Champagne, alors qu’à Édouard-Herriot, certains lycéens ont utilisé des extincteurs contre d’autres élèves et que devant le lycée Gabriel-Voisin à Troyes, plusieurs feux de poubelle ont été déplorés.

Une situation, sous surveillance, qui a fortement mobilisé police nationale et gendarmes, tout au long de la journée, afin d’assurer la sécurité des établissements, des élèves, des personnels et des riverains.

Si aucun établissement n’a été fermé, les cours ont dû être adaptés dans les lycées où les situations étaient les plus tendues. Beaucoup d’élèves ont préféré rester chez eux. Ailleurs, les cours se sont déroulés normalement.

À l’issue de cette quatrième journée d’action, sept interpellations ont eu lieu. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent la mobilisation à se poursuivre la semaine prochaine, dès mardi. Les instigateurs cherchent à l’élargir. Des appels à bloquer, à partir de lundi matin, les collèges, entre autres à Nogent-sur-Seine et à Beurnonville à Troyes, circulent actuellement sur les réseaux sociaux. Ce qui suscite une vigilance accrue des chefs d’établissement comme des forces de l’ordre.