Les arrestations opérées à Roanne, à Saint-Etienne et à Lyon sont la suite logique de la guerre sociale qui a mis les travailleurs actuellement exploités et opprimés en état de légitime défense.

Dans cet état de guerre provoqué par les injustices dont ils ont été l'objet, les ouvriers de Roanne, de Saint-Etienne et de Lyon ont le droit d'employer tous les moyens de revendications.

Sept de nos amis dont deux jeunes femmes sont tombés victimes de leur dévouement à la cause révolutionnaire.

Et à peine les bourreaux russes viennent-ils d'achever leur sinistre besogne que l'on annonce de nouvelles exécutions.

En Autriche, en Allemagne, en Suisse, en France, partout enfin aristocrates et bourgeois, usiniers et enfroqués, magistrats et mouchards, gouvernements républicains, royaux ou impériaux sont à la besogne pour écraser toutes les tentatives non pas d'affranchissement mais même de propagande.

Partout aussi la révolution sociale se prépare.

Nous n'enverrons pas à tous nos martyrs encore vivants de banales consolations et nous n'avons pas le temps de pleurer nos morts.

Mais nous promettons de continuer leur tâche.